L'habit des chartreux est constitué depuis l'origine d'une tunique (que l'on appelle aujourd'hui la robe) et d'une cuculle. Ces deux pièces de vêtements sont l'habit traditionnel des moines depuis l'origine. La tunique n'a guère changé à travers les âges. Dans les premiers siècles de l'ordre elle était revêtue en hiver d'une pelisse, sorte de manteau de peau de mouton. Le capuchon attenant à la tunique a toujours eu un sens d'intériorité ; il protège aussi le regard.
"La cuculle était le plus essentiel des vêtements, le signe de la profession. [...] Le mot cuculle est passé sans changement dans diverses langues : du copte des moines d'Égypte au grec puis au latin, et enfin au français. Les chartreux sont les seuls à garder encore aujourd'hui intact ce mot qui remonte à au moins 1800 ans et qui a perdu une syllabe chez les fils de saint Benoît [ = coule]" Dom Maurice Laporte, Aux sources de la vie cartusienne, 6, p. 459; 465.
Contrairement à la tunique, la cuculle a beaucoup changé de forme et de
taille à travers les siècles. Chez les fils de saint Benoît elle a donné
naissance à deux formes : la coule, vêtement de choeur, et le scapulaire,
plus étroit, utilisé pour le travail. Pour éviter que le scapulaire ne
soit une gêne pour le travail, les pans avant et arrière étaient souvent
reliés par des points de couture. La cuculle cartusienne dérive plutôt
du scapulaire de par sa forme et par les courtes bandes qui à l'origine
servaient seulement à relier les deux pans. Avec le temps la cuculle de
1m le large environ s'est rétrécie à 60cm et les bandes se sont
allongées d'autant et même davantage, donnant finalement à la cuculle
cartusienne l'aspect si caractéristique qu'on lui connaît aujourd'hui.
Certains ont voulu y voir le symbole de la croix, mais c'est une
interprétation personnelle et tardive qui n'est aucunement répandue chez
les chartreux.
Comme les cisterciens, les chartreux ont choisi
d'utiliser la laine brute dans sa teinte natuelle. Il n'y a pas de
signification attachée à cette couleur, sa raison d'être est la
simplicité.
Les heures exactes dépendent l’horaire général de chaque maison. Voici quelques points de repère:
· Les moines du cloître ne prennent jamais de petit
déjeûner à la différence des frères qui peuvent s’ils le veulent en
avoir un. L’heure dépend de chacun. Aux moniales est accordé en tout
temps comme petit déjeuner une boisson et un morceau de pain.
· Le repas principal a lieu vers midi.
· Le repas du soir, peut être pris entre vêpres et complies,
c'est-à-dire entre 17h30 et 18h30. Selon le temps il pourra être un
repas normal léger ou une simple collation constitué de pain et d’une
boisson.
Les chartreux (moines et moniales) ne mangent jamais de
viande. C’est la seule limitation totale. En dehors de cela ils mangent
de tout, mais avec des restrictions à certaines périodes ou certains
jours. La plus notable est l’abstinence de laitages (lait, beurre,
fromage et dérivés) durant l’Avent et le Carême, et aussi tous les
vendredis de l’année.
Non puisqu’ils mangent du poisson. L’abstinence de
viande, caractéristique de l’Ordre a une intention pénitentielle et ne
relève pas d’un principe de refus de nourriture animale.
Un moine peut très bien ne pas manger de poissons et d’œufs sans pour autant demander de supplément. Il est donc possible d’être végétarien si on y tient, à condition de ne pas créer de complications pour la communauté en refusant tout plat dans lequel il y aurait une trace de nourriture animale. Un régime végétalien (refusant également les dérivés du lait) est incompatible avec notre vie, car la santé n’y résisterait pas.
On doit toutefois noter que la vie monastique n’est pas une vie de retour à la nature, et que ce genre de préoccupations indique souvent une mécompréhension de la vie cartusienne. Si elles sont trop prédominantes, c’est le signe d’une recherche du moi plus que d’une recherche de Dieu.
Un chartreux ne pourrait être nommé prêtre de paroisse
parce que l'Ordre des chartreux est un ordre exempt c'est à dire qui
n'est pas sous l'autorité de l'évêque diocésain mais directement de Rome.
Un évêque ne peut donc pas demander à un chartreux d'être prêtre de
paroisse puisque c'est contraire à sa vocation. Par contre, les évêques
étant nommés par le Pape, celui-ci pourrait très bien, en théorie
demander à un chartreux d'être évêque et cela s'est fait plusieurs fois
dans le passé. Aujourd'hui un tel choix semble hautement improbable car
un chartreux serait mal préparé pour affronter les difficultés de la
pastorale dans le monde moderne. En théorie, les cardinaux qui élisent
le Pape peuvent élire n'importe quel baptisé, mais il est encore plus
improbable qu'ils choisissent jamais un chartreux. Cela ne s'est jamais
produit.
Saint Hugues de Lincoln, Saint Arthaud (evêque de
Belley), Etienne de Die, Bienheureux Nicolas Albergati (évêque et
cardinal). Le successeur de saint Hugues de Grenoble fut aussi un
chartreux, comme il l'avait désiré. Cette liste n'est pas exhaustive. Il
faut cependant reconnaître que ce sont des exceptions et qu'il n'est
guère dans l'esprit de l'Ordre qu'un moine devienne évêque, mais on ne
nous demande pas toujours notre avis.
Non, jamais.
Tout comme pour un chartreux nommé évêque, il serait
relevé de toutes les observances incompatibles avec son état, et il
relèverait de sa propre conscience de juger de ce qu'il peut encore
faire. Pour un exemple concret, voir la vie de saint Hugues de Lincoln.
Non, c'est impossible parce que ce serait directement contraire à notre vocation. Les seules exceptions sont celles de chartreux nommés évêques. Les Statuts disent : "Intégralement ordonné à la contemplation, notre Ordre doit préserver avec une fidélité extrême sa séparation du monde. Aussi quelle que soit l'urgence des tâches apostoliques, sommes-nous exemptés de tout ministère pastoral, afin de remplir notre fonction propre dans le Corps mystique du Christ." (Statuts, 3.9).
Ailleurs on lit : "Nous recommandons aux prieurs la plus grande réserve à
l'égard des confessions de personnes étrangères à l'Ordre. À moins de nécessité,
ils les excluront entièrement car ce genre de ministère est incompatible avec
l'essence même de notre vocation". Si même les confessions au monastère sont
considérées comme un ministère incompatible avec notre vocation, a fortiori tout
ministère à l'extérieur.